Message de Toussaint

Message aux chrétiens de Marseille

Chers amis,

Alors que notre pays s’apprête à vivre un nouveau confinement, dans un climat de peur et de forte inquiétude, il nous est bon d’écouter la recommandation que saint Paul donnait aux chrétiens d’Éphèse, alors qu’il était lui-même en butte à toutes sortes d’épreuves : « frères, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. […] Oui, tenez bon ! » (Ep 6, 10.14).

En ce jour où nous célébrons solennellement la foule immense de tous les saints, nous rendons grâces à Dieu pour leur courage et leur exemple. Dans des périodes parfois plus difficiles que la nôtre, ils ont su tenir bon dans l’espérance et confier leur vie à la grâce de Dieu. Ils ont été ces lumières dont le monde a besoin pour ne pas se laisser submerger par les ténèbres de la peur et du découragement. Comme eux, appuyons-nous sur le Seigneur, « le roc éternel » (Is 26, 4), et ne négligeons pas la grâce de notre baptême qui nous appelle tous à la sainteté.

Pour nous, Marseillais, ce jour est aussi l’anniversaire de la consécration de notre ville et de notre diocèse au Sacré-Cœur. C’est en effet le 1er novembre 1720 que Mgr de Belsunce, alors que l’épidémie de peste ravageait notre région, avait posé ce geste prophétique, sur les conseils de la Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat. L’épidémie avait reculé, puis elle était revenue, en plusieurs vagues, pendant encore deux ans. Mais l’acte de confiance avait réveillé l’audace de l’espérance. Et la charité, vécue au jour le jour au service des malades et des pauvres, répandit lentement sur Marseille la miséricorde et la consolation du Christ ressuscité.

C’est dans l’élan de cette mémoire des saints et de cet événement de 1720 que je souhaite m’adresser à vous et vous lancer un vibrant appel à l’espérance.
Vous les jeunes : entraidez-vous ! Je sais combien vous êtes sensibles à la clameur de la terre et à la clameur des pauvres. Organisez-vous pour venir en aide à celles et ceux d’entre vous qui souffrent de solitude, du manque de moyens pour se loger, se nourrir ou se faire soigner.
Vous les jeunes couples et toutes les familles : apprenez à accueillir tout ce que Dieu veut vous donner à travers les relations qu’il tisse entre vous. Cherchez toujours, sous l’écume parfois houleuse des travaux et des jours, la force paisible de l’amour, toujours plus forte que la rouille du temps. Visitez vos voisins. Prenez soin des plus indigents.
Vous les enseignants : ne baissez pas les bras, même si votre belle mission est devenue difficile ! Nous comptons sur vous pour transmettre aux plus jeunes non seulement le goût d’apprendre et le respect de l’autre, mais aussi le sens de la profondeur spirituelle de tout humain.
Vous les consacrés : ne confinez pas vos charismes ! Ils vous ont été donnés pour les mettre en partage. C’est le moment d’en vivre et d’en témoigner courageusement dans la prière et dans l’action.
Vous les prêtres : rendez à tout le peuple le beau service de la prière et des sacrements, spécialement de l’eucharistie et de la réconciliation. Plus que jamais, le monde en a besoin. Et surtout, conformez toute votre vie aux Mystères que vous célébrez avec et pour les communautés qui vous sont confiées.
Vous tous frères et sœurs, baptisés ou catéchumènes, convaincus ou en recherche, quels que soient vos états de vie et le point où vous en êtes de votre histoire : ne vous lassez pas de témoigner de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Tout homme est une histoire sacrée !
Par votre prière, votre engagement au travail ou dans vos associations, cultivez la fraternité afin de faire barrage aux divisions, aux peurs et au découragement. Nul ne sait les merveilles que le Seigneur, par vos gestes, vos paroles, vos sourires, pourra susciter dans les cœurs les plus fermés ou les plus effrayés.

Chers amis, ce soir, je me rendrai à Nice pour participer à une célébration eucharistique dans l’église où eut lieu le terrible assassinat. Je porterai le témoignage de la solidarité des Marseillais avec la population niçoise et spécialement la communauté chrétienne, si durement éprouvée. J’ai demandé au P. Xavier Manzano de présider la messe du tricentenaire à la Basilique du Sacré-Cœur. J’ai également demandé au P. Pierre Brunet de présider la messe des étudiants et jeunes professionnels en l’église Saint-Ferréol. Je compte sur votre prière !
Dès demain, les évêques de France, réunis par visioconférence en Assemblée plénière, échangeront sur la situation actuelle de notre pays et sur les initiatives à prendre dans ce contexte de confinement et de menace terroriste. Sachez que je suis personnellement en lien étroit avec les responsables politiques, civils et militaires de notre région.

Tenons ferme dans l’espérance ! Rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ !
Que la Vierge Marie vous protège et que Dieu vous bénisse !

+ Jean-Marc Aveline